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30 janvier 2019

Souvenez-vous : Quarante ans de carrières sociales à l'IUT

Source : article OUEST FRANCE du jeudi 14 mai 2009

 

photo de gauche à droite, ali aït abdelmalek, professeur de sociologie ; jacques dufeu, maître de conférence en sciences de l'éducation ; sylvain le moal, coordinateur enfance dans un centre social ; jean-marie michel, animateur logement au crij et gérard niay, ancien directeur de centre social.

De gauche à droite, Ali Aït Abdelmalek, professeur de sociologie ; Jacques Dufeu, maître de conférence en sciences de l'éducation ; Sylvain Le Moal, coordinateur enfance dans un centre social ; Jean-Marie Michel, animateur logement au CRIJ et Gérard Niay, ancien directeur de centre social.

 

Depuis 1968, le département carrières sociales de l'IUT forme des animateurs socioculturels. Retour sur le passé avec cinq anciens étudiants de différentes époques.

Premiers pas de la professionnalisation

Quand Jacques Dufeu et Gérard Niay rentrent à l'IUT en 1969, animateur socioculturel est un encore un nouveau métier. Le futur maître de conférence en sciences de l'éducation et le directeur de centre social sont à l'image des autres étudiants. Ils ont fait leur classe comme militant syndicaliste, dans les mouvements de jeunesse, les associations... Et ont un projet politique, une envie de changer le monde dans l'esprit de 68.


« La demande était d'avoir la paix sociale dans les grands ensembles peuplés d'émigrés de l'intérieur et de l'extérieur. On pouvait, sans trop de difficultés, faire rentrer notre projet politique là-dedans », se souvient Gérard Niay, 62 ans aujourd'hui.

Une époque où l'entrée dans le monde du travail se fait immédiatement. Le chômage est presque inexistant. « Nous sommes des acteurs de l'ascenseur social », résume Jacques Dufeu, 59 ans.

Montée de l'individualisme

Quand Ali Aït Abdelmalek, choisit l'IUT en 1977, le contexte a changé. Le chômage est devenu structurel et le bon élève de milieu populaire vise l'insertion professionnelle rapide. Professeur de sociologie âgé de 50 ans aujourd'hui, Ali Aït Abdelmalek se souvient qu'à son époque, la conscience de lutte des classes commence à être en concurrence avec le souci de l'épanouissement personnel. Ce qu'on peut appeler la montée de l'individualisme. « La lutte des classes va devenir la lutte pour les places ».

Retour du social

Les deux derniers ex-étudiants ont fréquenté l'IUT à partir de 2006. La qualification par les études devient incontournable. Le chômage est toujours là mais, en plus, il y a les délocalisations et tout le monde est touché. Jean-Marie Michel le sait bien. Il a été licencié du fabriquant de puces électroniques STM. « J'ai choisi l'animation dans le mouvement social de STM. Car le mouvement social doit déboucher sur le projet politique ». À 42 ans, il est animateur logement au CRIJ (Centre information jeunesse).

Formation structurante

Sylvain Le Moal, coordinateur enfance famille au centre social de Maurepas, est de la même promotion que Jean-Marie Michel. Il a 30 ans. « Après un parcours atypique et du bénévolat proche de mon projet politique, je suis venu à l'IUT pour chercher une qualification. J'en suis reparti avec beaucoup plus. » Un avis que partagent les autres ex-étudiants. « Le passage à l'IUT m'a donné un coup de pied terrible », résume Jacques Dufeu. « À l'IUT, j'ai appris sur la personne et j'y ai structuré ma façon d'être et de penser », dit encore Ali Aït Abdelmalek.

Quel rôle ?

Sylvain Le Moal se pose aussi la question de son rôle d'animateur : « est-ce de changer le monde ou de faire avaler la pilule du monde ? » Gérard Niay semble lui répondre en affirmant que le contrôle politique et technique sur le travail des animateurs s'est amplifié : « Il y a des organismes partout et, en même temps, certains diagnostics ne sont pas écoutés parce que les décideurs ne veulent pas entendre. »

Animateur demain ?

« On est à un carrefour du métier, analyse Jacques Dufeu. Aujourd'hui c'est la dictature du projet. Un projet, un objectif, un financement. C'est opposé au travail de fond alors que les besoins sont de plus en plus grands. » « La société a besoin de nouveaux militants. Il faut les former », conclut Jean-Marie Michel.

 
 

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