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29 avril 2019

Mur 127 : une oeuvre d'art à l'IUT...

Tout commence par une collaboration artistique à l'occasion des 50 ans de l'IUT en 2017 : l'artiste Laurent Duthion travaille sur des projets d'oeuvres avec chacun des départements. Parmi ceux-ci, le projet "parpaing fils" dans lequel collaborent les départements GMP pour la réalisation du moule et GCCD pour la fabrication des parpaings. Ci-dessous les premiers "parpaings fils" réalisés exposés au FRAC au printemps 2017 :

Mais pourquoi ce nom "parpaing fils"? C'est un hommage à l'architecte "Claude Parent" qui construisait incliné. L'angle choisi pour le "parpaing fils" est de 127° par rapport à l'horizontale : il s'agit de l'angle de repos optimal pour le corps humain, utilisé par la nasa pour ses astronautes, ou encore par Air France dans sa "classe 127".

Le BTP est un secteur ou priment les relations humaines. Et c'est précisément les liens conviviaux établis entre le département GCCD et l'artiste qui  sont à l'origine de cette idée folle au départ : et si l'on construisait un mur avec des parpaing fils...

Et c'est parti, en septembre 2017 des étudiants de 1ère et 2ème année se mettent au travail, encadrés par Laurent Duthion, Philippe Dorval, Guy Bianéis, Jean-Lin Roy, Kelly Ollivier, Marjorie Bart.

Voici les étudiants de 2ème année Aurèle Béduchaud et Tanguy Pilard qui dimensionnent la fondation et les armatures du mur :

Les étudiants de 1ère année (Mélanie Lemaile, Marie-Luce Pélisson, Emmanuel Biguet, Yann Monnier) se lancent quant à eux dans la production de "parpaings fils" :

Il en faudra environ 80 pour construire le "mur 127". En janvier 2018, le travail est bien avancé, mais il reste encore du pain sur la planche. Voici l'équipe avec les 30 premiers parpaings produits dans l'atelier GCCD :

Au fil des semaines, la formulation du béton a été améliorée pour obtenir un meilleur parement et faciliter le démoulage sans casser les parpaings!

En septembre 2018, une nouvelle équipe d'étudiants prend le relai pour continuer le projet.

Il reste une cinquantaine de parpaings à produire, alors 8 étudiants de 1ère année ne sont pas de trop : Maëlle Fajolles,  Clément Benoist, Ewen Dion, Camille Guillemot, Glenn Le Coz, Noémie Leguay, Wendy Audureau, et Julien Clech. Les voici à l'ouvrage :

Pendant ce temps, Emmanuel Biguet et Yann Monnier qui sont maintenant en 2ème année travaillent à la construction de la cage d'armature du radier de fondation :

Le 20 novembre 2018, c'est le grand jour : l'entreprise SARC qui parraine la promo a mis à notre disposition une pelleteuse pour réaliser le terrassement du radier. Malgré le froid, l'armature est calée en fond de fouille à midi : beau travail! et quel plaisir de faire de vrais travaux à l'IUT!

A midi, c'est le spectacle pour les étudiants qui sortent de cours.

 

Etape suivante, jeudi 29/11 après midi avec le bétonnage de la fondation. Et vive le réseau! Merci à Virginie Le Her (GC 2004) qui dirige la centrale à béton de Point P, et qui nous fournit à tarif préférentiel.

Grâce au tapis, le béton est rapidement mis en oeuvre sur l'ensemble de la fondation.

La vibration du béton est nécessaire pour garantir une bonne compacité et un bon enrobage des armatures.

Et voilà le travail! Rondement mené, il faut dire qu'on était nombreux! C'est vrai que certains n'ont pris que des photos...

Les acteurs de la journée : Jean-Lin Roy, Yann Monnier, Didier Bliard, Emmanuel Biguet, Laurent Duthion, Jérôme Sarciat, Guy Bianéis, Mathieu Machard.

Maintenant que nous en avons fini avec la partie purement "génie civil" qui constitue en quelque sorte le socle, nous allons passer à l'érection de l'oeuvre proprement dite : le "mur 127".

Voici pour commencer une vue 3D du projet. Le sol étant meilleur qu'attendu, nous n'avons pas eu besoin de réaliser les puits prévus.

 Jeudi 6/12/18, c'est la mise en place du 1er rang de parpaings fils : le réglage est plus compliqué que sur le plan!

Le mur 127 s'élève lentement : pas facile pour des apprentis maçons de gérer cette inclinaison à 127°! Au fil des rangs, nous améliorons la technique pour assurer du mieux possible l'alignement des parpaing fils.

Pour faciliter l'alignement des parpaings fils, nous utilisons désormais un coffrage plus sophistiqué :

Pendant l'hiver, le chantier n'avance guère... Nous profitons du beau mois de mars pour relancer la construction.

Voici une vue aérienne du site.

Nous enchainons l'élévation des rangs les uns après les autres grâce à cet astucieux échafaudage palettes qui nous permet d'atteindre la tête du mur et d'ajuster les parpaings, puis de les remplir de béton.

C'est dans une alvéole du dernier rang que Laurent Duthion insère une capsule avec les noms de tous ceux qui ont contribué à la construction de l'oeuvre mur 127.

Et le 4 avril, c'est le grand jour : nous enlevons le coffrage qui nous a servi de guide et de support pour le montage du mur. Après 4 mois passés dehors, le bois a un peu gonflé, mais il ne nous résiste pas longtemps!

Nous découvrons avec satisfaction la face jusqu'à présent cachée du mur 127. Et nous ne sommes pas les seuls à l'apprécier, les étudiants et personnels qui passent ce matin restent admiratifs devant l'inclinaison surprenante de l'ouvrage.

Nous commençons par enlever les quelques balèvres :

Il nous reste les joints à faire : ça ne va pas être une partie de plaisir, il y a plus de 100m de joint! Alors nous profitons des perspectives surprenantes offertes par le mur 127.

 Les étudiants ayant déjà bien travaillé, c'est en trinôme de profs d'orga que nous nous attelons à l'ouvrage sur la base d'une organisation bien huilée : les joints ne nous résistent pas longtemps! En une belle matinée, c'est plié, et avec les félicitations de l'artiste. C'est vrai que ça finit bien l'oeuvre, tout en mettant en valeur le côté géométrique des parpaings fils.

Pour l'arase supérieure, les choses se présentent bien, et nous réglons un coffrage à remplir avec un mortier bien gras.

Dans le même temps, Laurent Duthion sacrifie les parpaings fils ratés (cassés au démoulage) pour les incorporer au remblai. Il y en a quand même une bonne quantité, le % de rebus avoisine les 20%! Qu'en penseront les futurs archéologues?

C'est alors que survient l'orage, au sens propre du terme, nous obligeant à bâcher pour protéger l'arase de la pluie. Et ce n'est pas chose aisée avec ce vent violent!

Nous finalisons à l'abri : ça fait une ambiance idéale pour la prise du mortier!

Et c'est parti pour le rebouchage du trou, mais malheureusement, la pelleteuse est partie! Il nous reste 3,5m3 à remblayer à la mano, mission accomplie en 1h30 à 5 : pour une fois qu'on n'a pas un trop mauvais temps unitaire! Tout est fini le 29 avril 2019, 6 mois de travaux tout de même depuis le terrassement pour la fondation!

 

Nous sommes très satisfaits du résultat, l'artiste en particulier qui félicite et remercie tous les participants à cette belle aventure qui a conduit à cette oeuvre surprenante qui semble jaillir du sol. Il faut en faire le tour et regarder le mur sous tous les angles pour apprécier les illusions d'optique offertes par sa géométrie.

 

Le 4 juin, c'est le vernissage de l'oeuvre : autour de Laurent Duthion qui expose ses intentions artistiques, la place de la culture et le rôle des étudiants et de l'équipe Génie Civil  sont mis en avant :

C'est une belle occasion de réunir plusieurs générations "Génie Civil" : construit par les étudiants entre sept 2017 et mai 2019, avec le soutien de Jean-Marc Vitel (GC 1992 - SARC) et Virginie Le Her (GC 2004 - Point P), ce sont aujourd'hui une vingtaine d'alumni des promos 1986 à 2016 qui ont découvert le "mur 127".

Article rédigé au fil des étapes du projet par Jean-Lin ROY.

Venez nombreux admirer "le mur 127".


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